Enseigner avec les Intelligences Multiples, Non classé

Un conflit constructif ?

Les élèves de troisième secondaire doivent acquérir, en Histoire, le concept de système autoritaire. Ils doivent donc maîtriser le vocabulaire inhérent à ce système politique. L’objectif pédagogique de l’activité qui vous ait présentée est de piloter cette maîtrise en classe !

Quel est le meilleur moyen, pour un apprenant, d’intégrer des définitions ? Par la sollicitation répétée et l’association d’exemples aux définitions.

J’ai utilisé le livre de Mikal Hem « Et si je devenais dictateur » (2017)  pour y trouver une quantité d’exemples illustrant des méthodes propres aux dictatures : la répression, la propagande, la censure, la légitimité d’un pouvoir et le culte de la personnalité.

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Concrètement, les élèves sont placés en groupe de quatre ou cinq élèves et reçoivent une trentaine d’extraits du livre et cinq enveloppes portant l’inscription : répression, censure, propagande etc. Chaque extrait devra être placé dans la bonne enveloppe.

Par exemple:

Capture d_écran 2018-10-02 à 21.34.21Ce extrait illustre un coup d’état et sera placé dans l’enveloppe « légitimité du pouvoir ».

Tour à tour, chaque élève du groupe lit à haute voix un des extraits. Il détermine, d’abord seul, à quelle enveloppe il l’associerait. Ensuite, les autres élèves du groupe peuvent intervenir dans le choix posé. Ce moment de confrontation entre pairs est un excellent moyen d’apprendre : c’est le conflit socio-cognitif.

Cette activité permet de mettre au travail trente élèves en même temps. J’ai été agréablement surprise par le calme relatif de cet exercice malgré les échanges et discussions.

Quand il y a doute, les élèves utilisent d’abord les définitions écrites avant de se tourner vers le professeur.  Finalement, les définitions sont spontanément  lues et relues par les élèves.

Le rôle du professeur dans cette activité est la phase de correction. Les élèves sont souvent impatients de savoir si leur classement est correct. Pour chaque groupe, j’ai corrigé leur travail en mettant de coté les fiches incorrectement classées. Le groupe se remettait alors au travail pour reclasser ces fiches au bon endroit.

Cette activité a été construite en utilisant différents outils pédagogiques :

  • les neurosciences : l’importance des sollicitations répétées dans les phases d’apprentissage
  • la psychologie sociale : le conflit socio-cognitif
  • les intelligences multiples : l’intelligence interpersonnelle (travail en équipe) et naturaliste (classement par catégories)

Enseigner avec les Intelligences Multiples

Une histoire de déduction

L’article aurait pu s’intituler : « Comment introduire l’intelligence logico-mathématique dans un cours d’Histoire ? ». Cette semaine je vous fais découvrir une très chouette activité pour donner du sens à l’apprentissage des périodes de l’Histoire.

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Lors des rappels de début d’année, les élèves de deuxième année secondaire revoient les périodes conventionnelles : la période paléolithique, néolithique, antique, médiévale etc. La connaissance de ces repères historiques est essentielle pour situer des évènements dans le temps. Mais comment leur faire comprendre que ces repères sont de réels outils ?

J’ai utilisé le jeu « Timeline – Inventions » (https://fr.asmodee.com/fr/games/timeline/) pour donner du sens à l’apprentissage des périodes historiques.

Voici deux manières de faire travailler les élèves :

  • Dans les règles originales du jeu, les joueurs reçoivent quatre cartes chacun d’une invention dont ils ignorent (a priori) la date. Une carte est tirée au hasard dans la pioche et est placée au centre de la table face date visible. Celle-ci constitue le point de départ d’une ligne chronologique qui sera petit à petit complétée par les joueurs.

Pour une classe de 25 élèves, je crée des groupes de 3 à 5 élèves. Si la carte placée par un joueur ne suit pas l’enchainement chronologique, je lui remets alors une nouvelle carte. Le but du jeu est de placer toutes ses cartes correctement et avant les autres !

Durée : 15 minutes

  • La classe est répartie en groupe de 3 à 5 élèves. Chaque groupe reçoit une vingtaine de cartes. En travaillant de manière collaborative, ils devront déterminer à quelle période historique l’invention a été réalisée. Lorsqu’ils trient les cartes ils ne peuvent, bien entendu, pas prendre connaissance des dates indiquées au verso.

En tant que professeur, il est intéressant de circuler entre les bancs afin d’écouter les discussions entre les élèves. Très naturellement, les élèves utilisent alors leurs connaissances à propos de ce qui caractérise les périodes de l’Histoire.

Par exemple : pour la carte invention de la brique « C’est au Néolithique! C’est le moment où ils commencent à construire des maisons! »

Durée : 15 minutes

Les discussions entre pairs stimulent le raisonnement et l’esprit de déduction. Cette activité, par le conflit socio-cognitif*, permet de donner du sens aux apprentissages et de développer l’intelligence logico-mathématique.

*L’apprentissage entre pairs peut être supérieur, sous certaines conditions, à l’apprentissage seul ou face à un formateur car il suscite des confrontations de point de vue générant la remise en cause de représentations, et par conséquent l’émergence de connaissances nouvelles. (source : https://www.blog-formation-entreprise.fr/concept-pedagogique-principes-daction-2-le-conflit-socio-cognitif)

Enseigner avec les Intelligences Multiples

Je coopère, tu coopères…nous coopérons

Un enseignant qui aimerait se lancer dans des activités de groupe en classe peut parfois être freiné par la crainte d’une perte de contrôle de son groupe-classe. Garder assis 25 élèves devant soi est plus confortable et évite d’éventuels débordements.

Cette réticence est fondée. En effet, travailler en groupe n’est pas une compétence innée et nos élèves nous le démontrent quotidiennement !

Cependant, le travail de groupe permet d’entreprendre et de réaliser des projets ambitieux. Cette finalité mérite que l’on se penche sur les manières de créer une ambiance propice à la collaboration et à la coopération.

Beaucoup d’activités dans mon cours d’Histoire sont collaboratives ou coopératives. Durant les premières semaines qui ont suivi la rentrée, j’ai organisé une activité pour leur faire vivre ce qu’est la coopération. Car cette compétence ne s’explique pas…elle se vit.

J’ai utilisé un crayon coopératif (voir photo ci-dessous). C’est un crayon ou marqueur fixé à un support qui est dirigé par 10 élèves à l’aide de fines cordes. Ils doivent donc se coordonner pour dessiner ensemble un objet ou personnage reconnaissable.

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J’ai effectué cette activité en trois temps.

Premier essai : 10 élèves choisis au hasard ont testé le matériel tandis que les autres observaient activement l’activité. J’ai demandé les impressions des dessinateurs et des observateurs à la fin de la première phase. Généralement, les comportements qui ressortaient étaient que : personne n’écoutait personne, les élèves élevaient la voix pour tenter de se faire entendre, chacun n’en faisait qu’à sa tête…et le dessin ne ressemblait finalement pas à grand chose.

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Ce premier dessin devait être un arbre

Deuxième essai : les observateurs devenaient dessinateurs…mais j’avais choisi au préalable et discrètement un élève saboteur. Ce deuxième groupe a tenté de faire mieux que le précédent, mais en vain ! Cet unique perturbateur a empêché totalement le groupe de réaliser sa tâche. Durant cette phase, lorsque j’ai révélé l’existence du saboteur, c’était un moment-clé pour faire prendre conscience de ce constat : une personne peut mettre en péril le travail de neuf autres.

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Ce devait être… un bateau

Troisième essai : Le rôle du professeur est central pour faire émerger, par le débriefing, les attitudes indispensables au travail coopératif. Au cours des discussions, le groupe classe a déterminé qu’il était nécessaire de planifier la réalisation du dessin, de se coordonner et de s’écouter. Les 10 dessinateurs ont appliqué ces nouvelles attitudes. J’ai pu observé qu’ils étaient plus calmes, ils communiquaient davantage et efficacement. Enfin et surtout le dessin entrepris ressemblait à quelque chose !

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Bob l’éponge!