Enseigner avec les Intelligences Multiples, Ludopédagogie, Non classé

Pourquoi faire créer un jeu des sept familles ?

Le jeu des sept familles se révèle très intéressant lorsqu’on demande aux élèves d’en créer un. Dans le cadre d’atelier Intelligences Multiples la tâche consistait à résumer un chapitre sous la forme d’un jeu des sept familles. Je vous explique tout dans la vidéo ci-jointe !

WhatsApp Image 2018-06-08 at 22.19.02

Souhaïb, Charlotte et Idriss  connaissaient le principe du jeu et ont très vite entrepris de trouver les grands thèmes du chapitre. Voici ci-dessus un aperçu du résultat de leur travail !

 

 

 

 

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Non classé

Coacher grâce aux intelligences multiples

J’ai eu l’occasion de travailler avec un jeune garçon de 10 ans, que j’appellerai Alexis, qui m’avait été confié afin de remédier à des difficultés qu’il avait au niveau de la compréhension du français.

J’ai d’abord voulu profiler Alexis en utilisant le jeu de société. L’objectif de cette première approche était de vérifier d’abord rapidement ses fonctions exécutives (mémoire de travail, contrôle inhibiteur, flexibilité cognitive). Il s’est révélé qu’Alexis avait une bonne capacité de concentration et de bonnes fonctions exécutives. Ensuite, j’ai utilisé des jeux de langage et de vocabulaire afin de comprendre où se situait ses difficultés en français.

Alexis est d’origine polonaise, il est né en Belgique et a suivi jusqu’ici toute sa scolarité en français. Néanmoins en jouant à « Times Up family » j’ai remarqué qu’une série de mots du vocabulaire courant lui étaient inconnus. Mais à ma grande surprise, ces mots, il ne les connaissait pas non plus dans sa langue maternelle (ce constat fera d’ailleurs l’objet d’une réflexion dans un prochain article).

A travers un jeu que j’avais rendu langagier (« Rondin de Bois »), j’ai remarqué qu’Alexis avait une très bonne intelligence visuelle-spatiale et que sa volonté de réussir le jeu entrainait avec elle une curiosité pour des mots de vocabulaire qu’il ne connaissait pas. Dès lors, au terme de la troisième séance, j’ai pu déterminer la porte d’entrée favorite d’Alexis dans les intelligences multiples et ainsi définir ma stratégie de travail avec lui.

Ce n’est qu’à la quatrième séance que nous avons réellement pu nous attaquer à sa difficulté principale : la compréhension à la lecture.

J’ai utilisé un texte narratif dans lequel il y avait la possibilité de représenter de manière imagée les différents moments clés de la narration. Ma stratégie était de susciter son intérêt pour la compréhension de l’histoire à travers la tâche que je lui avais donnée qui était de réaliser une bande dessinée du petit conte.

Il est intéressant de vous faire part du contexte cette quatrième séance. Il était 17h30 quand j’ai commencé à travailler avec Alexis, il revenait d’une journée d’école. A aucun moment durant la séance, il n’a perdu courage ou s’est déconcentré, il était focalisé sur un exercice qui sollicitait ce qui l’anime : l’intelligence visuelle-spatiale.

3072ddac-7c8a-47b4-b4eb-835165e928e1
Son exigence dans la réalisation de cette bande dessinée a nécessité la compréhension de tout le vocabulaire contenu dans le conte. Au terme de l’exercice il savait répondre à toutes les questions de compréhension du texte. Il avait littéralement intégré l’histoire !

Sur la bande dessinée, vous pouvez lire les mots qui lui posaient le plus de difficulté et qu’il a retranscrit pour fixer l’orthographe.

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Lectures, Non classé

Pensées de fin d’année scolaire…

J’ai pu récemment lire dans le livre (déjà recommandé il y a quelques mois) :  « La classe renversée » de J.- C. CAILLIEZ :

  • « La matière enseignée est assez intéressante pour capter l’attention des élèves ;
  • Les élèves sont capables d’enregistrer et d’intégrer un flot continu d’informations pendant plus de 50 minutes ;
  • Les élèves apprennent en écoutant ;
  • Les élèves sont des auditeurs avertis et habiles à prendre des notes ;
  • Les élèves ont des connaissances préalables et le vocabulaire suffisant pour parvenir à suivre les exposés ;
  • Les élèves sont capables de diriger, seuls, leur propre compréhension ;
  • Les élèves sont assez sûrs d’eux-mêmes pour le dire lorsqu’ils ne comprennent pas ;
  • Les élèves peuvent traduire ce qu’ils entendent en action. »

Si ces affirmations conviennent à un tout petit nombre d’élèves, ce n’est pas le cas de beaucoup d’adolescents. Ils ne sont pas de mauvaises volonté, mais l’école n’offre pas toujours (ou n’a pas offert) les conditions suffisantes pour leur permettre de s’épanouir. L’intelligence, la curiosité et le dépassement de soi demandent un terrain de jeu et de déploiement bienveillant et sécurisant. En trouvant les leviers pour maintenir (parfois relancer) l’envie d’apprendre, l’envie de se dépasser, on assiste à de très belles expériences.

Ce mois de juin se termine avec son lot de joies, de fierté, de déceptions parfois, mais surtout avec la satisfaction d’avoir pu assister au déploiement d’ailes de beaucoup d’élèves. Après trois ans d’expériences pédagogiques réalisées au sein de mes classes (avec la joyeuse participation de mes élèves), je suis encore plus convaincue qu’être enseignante est le plus beau métier du monde.

Belles vacances à tous !

Enseigner avec les Intelligences Multiples

Chuuuut, travaux en cours

Grande adepte des travaux de groupe dans mes classes, je consacre beaucoup de temps à imaginer les phases de travail, à réunir les documents nécessaires aux élèves et surtout à penser à une production finale complexe et motivante. Cependant, une fois en classe parfois la sauce prend…parfois pas du tout.

Quand l’activité ne fonctionne pas, je me dis que c’est lié à des facteurs extérieurs :  la dynamique du groupe, mon niveau d’énergie du jour, le moment de la journée etc. Quand l’activité fonctionne, je suis frustrée de ne pas pouvoir toujours correctement quantifier ou qualifier le travail réel de chaque élève.

C’est pourquoi, durant cette dernière semaine avant les congés de Carnaval, j’ai décidé d’appliquer les conseils reçus en formation pour rendre le travail de groupe efficace et véritablement constructif.

1° Il est nécessaire de commencer un travail de groupe par une phase individuelle de prise de connaissance des documents à traiter/analyser.

2° Le professeur explique les rôles dans les groupes avant leur formation. Voici un exemple des rôles à tenir :

img_2050-e1551446431255.jpg

LE/LA PRESIDENT(E) : a une responsabilité importante qui consiste à encourager le groupe, à veiller à ce que chaque membre participe activement aux discussions, à donner la parole à chacun, à calmer les éventuels conflits.

LE/LA PORTE PAROLE : porte la responsabilité de présenter à la classe les résultats du travail de son groupe. Il doit pouvoir refléter fidèlement les idées débattues, les réponses construites etc.

LE/LA SECRETAIRE : a la responsabilité de prend note des idées, solutions, réponses discutées dans le groupe. Sa prise de note et la structuration des notes sera nécessaire au porte parole.

LE/LA MAITRE(SSE) DU TEMPS :  sa responsabilité est de veiller à une gestion efficace du temps imparti pour le travail à réaliser. Si les discussions s’éternisent ou s’égarent, il rappelle le timing.

3° Réunis en groupe, les élèves se concertent pour la répartition des rôles.

A partir de là, le travail de groupe démarre et se régule naturellement. Tous les élèves se mettent en action car ils doivent tenir leur rôle et je peux vous assurer que les autres élèves y veillent !

J’ai eu l’occasion, cette semaine, d’essayer une activité de groupe avec rôles dans trois classes différentes. Pour une fois aucun élément extérieur n’a été un facteur déterminant  de réussite ou de non réussite, cela a juste super bien fonctionné ;).

 

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Non classé

Comme un albatros

La poésie a cette incroyable capacité à créer des images, à faire vibrer des émotions insoupçonnées et à nous permettre de flotter quelques instants au-dessus de la réalité. Lorsque j’ai relu ce poème de Baudelaire avec mes yeux d’enseignante, ses mots ont résonné différemment que lorsque j’étais adolescente. Baudelaire décrit le poète, j’y vois l’élève…

Cet albatros me fait penser à tous ces jeunes qui défilent dans le système scolaire.

Ces jeunes qui, durant les trois premières années de leur vie, ont appris à ramper, à se déplacer à quatre pattes pour finalement marcher et courir.

Ces jeunes qui ont dû apprendre à maitriser le mouvement de pas moins de 70 muscles du visage pour parler et communiquer.

Ces jeunes enfants qui ont fait des pas de géants sans aller dans l’école d’aucun maître !

Pour la suite de leur voyage dans les contrées de la connaissance, la lecture du poème de Baudelaire nous rappelle que l’albatros a besoin d’espace et d’estime de lui pour déployer ses grandes ailes. Les classes ne devraient pas se transformer en des lieux de constat d’échecs.

BAUDELAIRE, L’Albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

Nos classes, nos cours doivent permettre à nos jeunes d’exprimer ou de découvrir leurs incroyables capacités. Introduire les intelligences multiples dans les préparations de cours (et laisser travailler les élèves sous ces différentes formes) permet de faire émerger l’apprentissage et la créativité.  Les jeunes s’épanouissent sur cette embarcation où nous les accueillons chaque jour et nous avons le privilège de nous émerveiller de leurs réalisations et de leur progression.

 

Enseigner avec les Intelligences Multiples

Jouer pour voyager dans le temps

Cette semaine je vous invite à découvrir le travail réalisé par trois de mes élèves de deuxième secondaire (quatrième dans le système français). Ils avaient reçu pour mission d’intégrer leur cours d’Histoire au jeu « Citadelle » (http://www.edgeent.fr/jeux/collection/citadelles).

Le pitch du jeu : chaque joueur doit bâtir une cité médiévale prestigieuse. Pour se faire, il faut acquérir de l’or et s’appuyer sur les atouts des notables locaux. A chaque tour, les joueurs choisissent un personnage qui leur donnera un pouvoir particulier et leur permettra de gagner des pièces d’or et/ou de construire des bâtiments.

L’objectif de l’activité était de rendre compte, par le jeu, des liens sociaux, économiques et politiques qui se tissaient entre les hommes du Moyen âge. Des personnages du jeu original ont été gardés mais surtout de nouveaux ont été intégrés.

Parmi les nouveaux personnages ajoutés : l’échevin et le bailli. Ceux-ci permettaient de montrer les relations qui se maintenaient entre un seigneur et les habitants des villes, les bourgeois.

   Le personnage qui leur a donné le plus de fil à retordre était l’artisan, car sa plus-value n’était pas sa fortune ou son pouvoir politique mais son savoir-faire. Finalement, ce personnage reçut le pouvoir d’embellir un bâtiment qui rapporterait plus de points lors du comptage final.

Comme dans la mécanique originale du jeu, les élèves ont également imaginé des bâtiments nécessaires à rendre une ville médiévale prestigieuse. Ils se sont donc inspirés de leur cours pour les choisir.  Les cercles dessinés sur le côté gauche de la carte représentent le nombre nécessaire de pièces d’or que le joueur doit donner à la banque pour pouvoir acquérir le bâtiment.

Grâce à leur cours théorique, à leurs questionnements et discussions, Layla, Hubert et Bruno ont parfaitement réussi à adapter ce jeu à la réalité historique. En y jouant, un élève pouvait rapidement intégrer les fonctions des habitants des villes ainsi que leurs relations économiques, sociales et politiques.

Oser des activités alternatives en classe permet de poser un regard différent sur nos élèves et permet surtout de s’émerveiller de leurs capacités créatives et réflexives ! 

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Ludopédagogie

Solide ou figure ?

Il y a quelques semaines, je vous ai présenté la transformation d’un « Qui est-ce ? ». La mécanique du jeu permettait d’entraîner l’apprentissage de la conjugaison en sollicitant l’intelligence naturaliste (voir Transformer un Qui est-ce?).

Mais est-ce que la mécanique naturaliste de ce jeu s’adapte à d’autres matières ? La réponse est oui ! Dès que vous voulez entraîner un vocabulaire spécifique et mettre en avant des distinctions entre des objets, pensez au « Qui est-ce? ».

Voici une nouvelle adaptation qui plaira aux professeurs de mathématiques car elle traite des solides et figures en géométrie.

IMG_1274

Pour pouvoir jouer à ce jeu, les élèves devront nécessairement mobiliser un vocabulaire spécifique : « est-ce un solide ou une figure ? », « est-ce un prisme? », « y a-t-il des angles droits? » « le solide est-il un polyèdre? » etc.

J’ai observé des enfants et adolescents jouer à cette adaptation, ils adorent! La recherche de la solution est stimulante, la réflexion et la concentration très intense.

Je vous rappelle qu’il est encore plus intéressant de créer les cartes avec les élèves, puis d’y jouer. Tentez l’expérience dans vos classes et partagez vos impressions sur Light up !