Jeux à la une, Non classé

Spacio, espace et langage

Le jeu a comme objectif principal de développer l’intelligence visuelle-spatiale des plus petits. « Devant », « derrière », « à côté »… la notion d’espace n’est pas toujours évidente à appréhender pour les enfants en âge préscolaire.

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En maternelle :

L’enfant reproduit ce qu’il voit sur l’image en plaçant correctement les animaux sur le plateau. Il est très important que l’adulte, qui accompagne l’enfant, vérifie le placement des animaux en verbalisant la position des objets : « est-ce que ton éléphant est bien devant la girafe ? », « est-ce que le palmier se trouve derrière le singe? » etc. L’enfant développera, grâce à ce jeu, des connaissances qui lui seront fort utiles lorsqu’il abordera les mathématiques, mais aussi la grammaire, les notions de hiérarchie ou de chronologie.

En primaire (à partir de la 2ème primaire) : 

Ce jeu sera un excellent outil pour développer des compétences verbales-linguistiques. On adapte le jeu, cela signifie qu’on utilise le matériel comme base mais on l’adapte aux compétences à travailler.

Utilisation des cartes existantes et création de nouvelles cartes

  1. L’enfant reçoit une carte et écrit ce qu’il voit. L’adulte impose les mots qui doivent être utilisés par l’enfant. On travaille ici l’orthographe du mot, son utilisation dans un contexte précis et on s’exerce !
  2. Les explications écrites par les enfants sont vérifiées entre enfants (idéalement). Un enfant lit ses consignes et l’autre enfant les exécute. On vérifie donc si les instructions sont cohérentes grâce à la carte image qui sert de correctif.
  3. Une fois les écrits corrigés, on réalise au propre les nouvelles cartes qui constitueront la nouvelle pioche. Pour cette variante du jeu, l’enfant tire donc une carte d’instructions qu’il réalise sur le plateau. La carte image associée au texte ne servira que de correction à l’enfant qui joue.

Possibilité d’augmenter la difficulté de l’activité (différenciation)

Rédiger un texte en partant d’un positionnement A des objets sur le plateau et d’amener le joueur à les placer dans une nouvelle configuration B. Ici c’est un vocabulaire plus technique qui sera utilisé : inverser, échanger, placer dans la diagonale, se faire face, …(les objets peuvent également être placés de dos, de profil etc.)

En secondaire (cours de langue)

  • En cours de français : travailler l’implicite en demandant aux ados de contourner les mots relatif au positionnement spatial d’un objet. Création de cartes avec des instructions écrites. Les images servent de correction pour l’ado qui joue la carte « consignes implicites ».
  • En cours de néerlandais, d’anglais, d’espagnol… : travailler le vocabulaire dans une autre langue en utilisant l’activité décrite pour les enfants de primaire (ci-dessus).
Enseigner avec les Intelligences Multiples, Ludopédagogie

Evaluer avec une ESCAPE BOX !

Vous rêvez d’une activité motivante et stimulante pour vos élèves ? D’une activité complexe qui nécessite un  travail d’équipe ? D’une activité qui s’auto-corrige ? Bonne nouvelle, tout ceci est possible à travers l’escape box !

Escape game, escape room, escape box ont le vent en poupe ces dernières années. Le principe : résoudre une série d’énigmes et réussir à déverrouiller portes, cadenas, boites etc.  dans un temps limite…

Données techniques :

Contexte : en classe complète (25 élèves)

Age: 12-13 ans

Lieu : un local de cours

Équipe : enseignante seule

Phase de lancement :

L’activité est partie d’une envie de mettre en projet des élèves de 2S (élèves qui ont échoué au Certificat d’Etude du 1er Degré (= système français : élèves qui recommencent une 4ème)). La classe était divisée en quatre groupes et chacun d’eux avait un cahier des charges précis, à savoir, créer une activité :

  • qui activerait un savoir ou savoir-faire spécifique au cours d’Histoire ;
  • qui devrait être à la fois complexe et réalisable pour des élèves de 2ème ;
  • qui génèrerait un code à 3 chiffres permettant de débloquer un cadenas.

Description des activités créées :

Le thème du chapitre à évaluer portait sur le monde arabe-musulman au Moyen âge et Temps modernes. Voici les activités imaginées par ces élèves :

  1. se rappeler d’une date clé de l’Histoire ;
  2. déterminer la pertinence de documents en fonction d’une problématique de départIMG_1876
  3. replacer des informations dans un texte à trou ;rechercher des informations dans un atlas historique.IMG_1880 2

Mise en place du matériel :

Je ne vous cacherai pas que la confection de 4 escape box m’a pris énormément de temps (+/- 6 heures de travail cumulées). Comme matériel j’ai utilisé :

des boîtes en cartons ou sac avec fermeture éclair de 4 dimensions différentes ;

  • des colsons ;
  • des feuilles de plastification (et une plastifieuse) pour une plus grande longévité des documents  ;
  • des cadenas à coder (à 3 chiffres) ;

Est-ce que cette étape aurait pu être réaliser par les élèves ? Je ne le pense pas. En tout cas pas par des élèves de cet âge-là, dans le temps qui m’était imparti.

Analyse et réflexions

Lorsque j’ai débarqué dans mes classes avec les Escape Box les élèves avaient les yeux qui pétillaient. En terme de motivation l’objectif était atteint.

Concernant le travail d’équipe, les élèves se sont très vite rendu compte qu’ils n’arriveraient à rien si ils ne s’écoutaient pas. La (nécessaire) collaboration s’est d’ailleurs révélée incontournable qu’à partir du moment où un temps limite de 30 minutes a été décrété. (J’ai la chance de donner un cours qui me permet des répétions : cette année-là j’avais six classes de 2ème, cela m’a permis d’expérimenter des variantes.)

Les activités étaient-elles d’un bon niveau ? Les énigmes à résoudre étaient suffisamment complexes et tout à fait atteignables. Pour toutes les équipes que j’ai observées, j’ai remarqué que la résolution des activités demandait réflexion et méthode.

Les activités n’étaient-elles que du jeu ? Pas du tout, les élèves devaient activer des savoir-faire propres à la discipline historique pour être en mesure débloquer un cadenas !

Le seul petit couac que j’ai observé concernait une énigme où les numéros étaient découverts en trois temps…évidemment, il y a toujours un petit malin qui tente de tourner les numéros (espérant débloquer un cadenas sans « effort »), dans ce cas-là le cadenas a été ouvert avant la fin de la résolution d’énigme. J’ai très vite vu l’étonnement, la surprise, le petit sourire malicieux sur leurs visages. Qu’ais-je fait ? J’ai simplement demandé qu’ils me montrent la preuve de l’obtention des 3 numéros. Tant que le groupe n’était pas capable de me justifier leur réponse, il n’avait pas le droit d’ouvrir la dernière boite.

Pourquoi ais-je parlé d’un moyen d’évaluation avec correction automatique ? Car chaque ouverture de cadenas permettait de gagner 5 points. Les groupes arrivant au bout de l’activité en 30 minutes obtenaient 20/20. Ceux qui restaient coincés obtenaient entre 5 et 15 sur 20.

Piste de développement

Une Escape Box est adaptable à n’importe quel contenu et peut porter sur des compétences spécifiques à une matière ainsi que des compétences transversales. Les professeurs de toutes les disciplines peuvent donc se lancer !

La question la plus importante à se poser concernant la création la Box est :

« Est-ce le professeur qui conçoit les énigmes ou les élèves ? »

Comment trancher ? Voici quelques questions pour vous y aider :

  • Est-ce que les élèves apprendront plus ou tout autant sur la matière en concevant la box ?
  • Est-ce que le temps consacré à la réalisation de la box est un investissement intéressant pour le professeur et les élèves ?
  • Est-ce que je veux uniquement tester mes élèves sur des savoirs et savoir-faire ?
  • Est-ce que la création de la box mettra le potentiel de certains élèves en avant ?

 

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Ludopédagogie, Non classé

Pourquoi faire créer un jeu des sept familles ?

Le jeu des sept familles se révèle très intéressant lorsqu’on demande aux élèves d’en créer un. Dans le cadre d’atelier Intelligences Multiples la tâche consistait à résumer un chapitre sous la forme d’un jeu des sept familles. Je vous explique tout dans la vidéo ci-jointe !

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Souhaïb, Charlotte et Idriss  connaissaient le principe du jeu et ont très vite entrepris de trouver les grands thèmes du chapitre. Voici ci-dessus un aperçu du résultat de leur travail !

 

 

 

 

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Non classé

Coacher grâce aux intelligences multiples

J’ai eu l’occasion de travailler avec un jeune garçon de 10 ans, que j’appellerai Alexis, qui m’avait été confié afin de remédier à des difficultés qu’il avait au niveau de la compréhension du français.

J’ai d’abord voulu profiler Alexis en utilisant le jeu de société. L’objectif de cette première approche était de vérifier d’abord rapidement ses fonctions exécutives (mémoire de travail, contrôle inhibiteur, flexibilité cognitive). Il s’est révélé qu’Alexis avait une bonne capacité de concentration et de bonnes fonctions exécutives. Ensuite, j’ai utilisé des jeux de langage et de vocabulaire afin de comprendre où se situait ses difficultés en français.

Alexis est d’origine polonaise, il est né en Belgique et a suivi jusqu’ici toute sa scolarité en français. Néanmoins en jouant à « Times Up family » j’ai remarqué qu’une série de mots du vocabulaire courant lui étaient inconnus. Mais à ma grande surprise, ces mots, il ne les connaissait pas non plus dans sa langue maternelle (ce constat fera d’ailleurs l’objet d’une réflexion dans un prochain article).

A travers un jeu que j’avais rendu langagier (« Rondin de Bois »), j’ai remarqué qu’Alexis avait une très bonne intelligence visuelle-spatiale et que sa volonté de réussir le jeu entrainait avec elle une curiosité pour des mots de vocabulaire qu’il ne connaissait pas. Dès lors, au terme de la troisième séance, j’ai pu déterminer la porte d’entrée favorite d’Alexis dans les intelligences multiples et ainsi définir ma stratégie de travail avec lui.

Ce n’est qu’à la quatrième séance que nous avons réellement pu nous attaquer à sa difficulté principale : la compréhension à la lecture.

J’ai utilisé un texte narratif dans lequel il y avait la possibilité de représenter de manière imagée les différents moments clés de la narration. Ma stratégie était de susciter son intérêt pour la compréhension de l’histoire à travers la tâche que je lui avais donnée qui était de réaliser une bande dessinée du petit conte.

Il est intéressant de vous faire part du contexte cette quatrième séance. Il était 17h30 quand j’ai commencé à travailler avec Alexis, il revenait d’une journée d’école. A aucun moment durant la séance, il n’a perdu courage ou s’est déconcentré, il était focalisé sur un exercice qui sollicitait ce qui l’anime : l’intelligence visuelle-spatiale.

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Son exigence dans la réalisation de cette bande dessinée a nécessité la compréhension de tout le vocabulaire contenu dans le conte. Au terme de l’exercice il savait répondre à toutes les questions de compréhension du texte. Il avait littéralement intégré l’histoire !

Sur la bande dessinée, vous pouvez lire les mots qui lui posaient le plus de difficulté et qu’il a retranscrit pour fixer l’orthographe.

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Lectures, Non classé

Pensées de fin d’année scolaire…

J’ai pu récemment lire dans le livre (déjà recommandé il y a quelques mois) :  « La classe renversée » de J.- C. CAILLIEZ :

  • « La matière enseignée est assez intéressante pour capter l’attention des élèves ;
  • Les élèves sont capables d’enregistrer et d’intégrer un flot continu d’informations pendant plus de 50 minutes ;
  • Les élèves apprennent en écoutant ;
  • Les élèves sont des auditeurs avertis et habiles à prendre des notes ;
  • Les élèves ont des connaissances préalables et le vocabulaire suffisant pour parvenir à suivre les exposés ;
  • Les élèves sont capables de diriger, seuls, leur propre compréhension ;
  • Les élèves sont assez sûrs d’eux-mêmes pour le dire lorsqu’ils ne comprennent pas ;
  • Les élèves peuvent traduire ce qu’ils entendent en action. »

Si ces affirmations conviennent à un tout petit nombre d’élèves, ce n’est pas le cas de beaucoup d’adolescents. Ils ne sont pas de mauvaises volonté, mais l’école n’offre pas toujours (ou n’a pas offert) les conditions suffisantes pour leur permettre de s’épanouir. L’intelligence, la curiosité et le dépassement de soi demandent un terrain de jeu et de déploiement bienveillant et sécurisant. En trouvant les leviers pour maintenir (parfois relancer) l’envie d’apprendre, l’envie de se dépasser, on assiste à de très belles expériences.

Ce mois de juin se termine avec son lot de joies, de fierté, de déceptions parfois, mais surtout avec la satisfaction d’avoir pu assister au déploiement d’ailes de beaucoup d’élèves. Après trois ans d’expériences pédagogiques réalisées au sein de mes classes (avec la joyeuse participation de mes élèves), je suis encore plus convaincue qu’être enseignante est le plus beau métier du monde.

Belles vacances à tous !

Enseigner avec les Intelligences Multiples

Chuuuut, travaux en cours

Grande adepte des travaux de groupe dans mes classes, je consacre beaucoup de temps à imaginer les phases de travail, à réunir les documents nécessaires aux élèves et surtout à penser à une production finale complexe et motivante. Cependant, une fois en classe parfois la sauce prend…parfois pas du tout.

Quand l’activité ne fonctionne pas, je me dis que c’est lié à des facteurs extérieurs :  la dynamique du groupe, mon niveau d’énergie du jour, le moment de la journée etc. Quand l’activité fonctionne, je suis frustrée de ne pas pouvoir toujours correctement quantifier ou qualifier le travail réel de chaque élève.

C’est pourquoi, durant cette dernière semaine avant les congés de Carnaval, j’ai décidé d’appliquer les conseils reçus en formation pour rendre le travail de groupe efficace et véritablement constructif.

1° Il est nécessaire de commencer un travail de groupe par une phase individuelle de prise de connaissance des documents à traiter/analyser.

2° Le professeur explique les rôles dans les groupes avant leur formation. Voici un exemple des rôles à tenir :

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LE/LA PRESIDENT(E) : a une responsabilité importante qui consiste à encourager le groupe, à veiller à ce que chaque membre participe activement aux discussions, à donner la parole à chacun, à calmer les éventuels conflits.

LE/LA PORTE PAROLE : porte la responsabilité de présenter à la classe les résultats du travail de son groupe. Il doit pouvoir refléter fidèlement les idées débattues, les réponses construites etc.

LE/LA SECRETAIRE : a la responsabilité de prend note des idées, solutions, réponses discutées dans le groupe. Sa prise de note et la structuration des notes sera nécessaire au porte parole.

LE/LA MAITRE(SSE) DU TEMPS :  sa responsabilité est de veiller à une gestion efficace du temps imparti pour le travail à réaliser. Si les discussions s’éternisent ou s’égarent, il rappelle le timing.

3° Réunis en groupe, les élèves se concertent pour la répartition des rôles.

A partir de là, le travail de groupe démarre et se régule naturellement. Tous les élèves se mettent en action car ils doivent tenir leur rôle et je peux vous assurer que les autres élèves y veillent !

J’ai eu l’occasion, cette semaine, d’essayer une activité de groupe avec rôles dans trois classes différentes. Pour une fois aucun élément extérieur n’a été un facteur déterminant  de réussite ou de non réussite, cela a juste super bien fonctionné ;).

 

Enseigner avec les Intelligences Multiples, Non classé

Comme un albatros

La poésie a cette incroyable capacité à créer des images, à faire vibrer des émotions insoupçonnées et à nous permettre de flotter quelques instants au-dessus de la réalité. Lorsque j’ai relu ce poème de Baudelaire avec mes yeux d’enseignante, ses mots ont résonné différemment que lorsque j’étais adolescente. Baudelaire décrit le poète, j’y vois l’élève…

Cet albatros me fait penser à tous ces jeunes qui défilent dans le système scolaire.

Ces jeunes qui, durant les trois premières années de leur vie, ont appris à ramper, à se déplacer à quatre pattes pour finalement marcher et courir.

Ces jeunes qui ont dû apprendre à maitriser le mouvement de pas moins de 70 muscles du visage pour parler et communiquer.

Ces jeunes enfants qui ont fait des pas de géants sans aller dans l’école d’aucun maître !

Pour la suite de leur voyage dans les contrées de la connaissance, la lecture du poème de Baudelaire nous rappelle que l’albatros a besoin d’espace et d’estime de lui pour déployer ses grandes ailes. Les classes ne devraient pas se transformer en des lieux de constat d’échecs.

BAUDELAIRE, L’Albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

Nos classes, nos cours doivent permettre à nos jeunes d’exprimer ou de découvrir leurs incroyables capacités. Introduire les intelligences multiples dans les préparations de cours (et laisser travailler les élèves sous ces différentes formes) permet de faire émerger l’apprentissage et la créativité.  Les jeunes s’épanouissent sur cette embarcation où nous les accueillons chaque jour et nous avons le privilège de nous émerveiller de leurs réalisations et de leur progression.